[La route des étoiles]
Sa-Ousir | 11 avril 2009 | 11:31Au coeur des nuits les plus sombres, les navigateurs tracent leur route dans les étoiles

Au coeur des nuits les plus sombres, les navigateurs tracent leur route dans les étoiles

A vrai, dire, les voyages organisés se font toujours en groupe, à moins d’avoir les moyens de payer le prix fort. Et bien, il en est pour notre sujet rigoureusement de même. De quelle manière notre liberté, nos aspirations propres, nos intérêts, notre bagage personnel, sont pris en charge pour nous dans ce genre de voyage ? Tout est prévu par eux, pour nous ; ce qui demande chez le client une certaine part de croyance aveugle et une prédilection pour le “laisser-aller” et autre “suivez le guide”. Et bien, il en sera de même dans le domaine de la spiritualité et de leurs agences. Toutefois, il reste toujours possible, y compris dans ce domaine, de payer le prix fort sous la forme ‘une liberté totale(1) de mouvement et d’une responsabilité proportionelle, garantissant un programme “à la carte”. C’est peut-être le seul moyen de pouvoir conserver indemne sa conscience, et son libre-abitre personnel. Si c’est insupportable pour beaucoup d’envisager de voyager autrement que les orteils en éventails, dans une totale confiance dans les idées imposées, ce type de voyage solitaire que propose l’hermétisme réclame, quant à lui, de ne rien accepter qui ne fusse éprouvé par soi-même.
L’homme qui aime ses idées et qui a peur de les perdre, celui qui redoute les vérités nouvelles et qui n’est pas disposé à douter de tout plutôt que d’admettre quelque chose au hasard, celui ci-doit fermer ce livre
écrivait Eliphas Levi, et bien rajoutons, qu’il doit également fuire la voie hermétique qu’il n’empruntera jamais.
La philosophie hermétique convient à toutes les croyances et à toutes les philosophies et ne va à l’encontre d’aucune. C’est l’océan infini de la Vérité, le point central vers lequel coulent et où se rencontrent toutes les rivières et tous les fleuves. Qu’ils aient leur source à l’Est, à l’Ouest au Nord ou au Sud. :
Pour l’hermétiste, il n’y a donc qu’une seule voie que toutes les créatures disposant de libre-abitre empruntent, peu importe leur âge, leur statut social, leur appartenance religieuse politique ou autre. Ce qui fait de la science d’Hermès quelque chose d’hermétique dans le sens de “fermé”, ce sont nos propres limites, nos propres barrières, que nous projetons sur notre perception du monde, croyant à tort que ce dernier est aussi rigide que peuvent l’être nos pensées sclérosantes.
Lorsque l’hermétiste affirme qu’il n’y a qu’une voie, il n’affirme pas que c’est la voie que devrait suivre tout un chacun et que l’hermétisme ordonne de suivre à ses fidèles. Non ! C’est la voie que toutes les créatures suivent, qu’elles le veuillent ou non, sans pour autant qu’il y ait de déterminisme. Cette voie unique, aux multiples choix, c’est celle du libre-arbitre et de la conscience dans le cadre de Lois universelles, c’est la voie d’Adam et Eve….une aventure en Soi ! Comme pour l’homme de l‘article précédent lorsque il prend Conscience de lui-même, il découvre qu’il existe deux types de choix : ceux qui libèrent sa Conscience et qui mènent à la connaissance, et ceux qui enchaînent et font tourner en rond, ceux qui sont justes, et ceux davantage pervertis, corrompus. Ainsi, bien que la voie soit unique et qu’elle contienne l’ensemble des possibilités offertes à un homme, ceux qui l’empruntent, autrement dit tout le monde, peuvent y cheminer dans deux directions opposées : l’involution et l’évolution. Elle se compose comme nous auront à le développer plus tard de trois puissances universelles : la Divine Providence, la Conscience/Volonté, le Destin. L’hermétisme se contente donc de décrire toute l’étendu du chemin et des Lois qui règnent dans chaque région. L’évolution n’y vu comme le chemin moralisateur que l’on doit choisir en abandonnant les autres voies, mais comme une invitation, une proposition, ce qui n’est jamais le cas de la voie de l’involution qui préfère obliger les voyageurs, consentant ou non, à suivre tel chemin.
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1. Par totale, entendez : dans les champs du possible
J’ai beau cherché, mais je n’ai trouvé qu’une seule chose qui me permette de supporter la liberté : C’est d’en être responsable.
C’est toujours un réveil abrupte pour l’être humain que de se rendre compte que sa conscience s’est laisser endormir. Un peu comme quelqu’un qu’on aurait déplacé à mille lieux de chez lui et qui retrouverait soudainement ses esprits. Etourdie, assomée, la conscience semble surgir à grande peine de l’âbime, entraînant avec elle un cortège de questions que le manque de clarté avait étouffé :
Où suis-je ? Où vais-je ? D’où est-ce que je viens ? Est-ce que tout cela est un rêve, ou est-ce réel ? Qui suis-je ?
Ce peut être aussi l’invitation à la réflexion proposée par le Père à son Fils dans le Sepher de Moyse III,9
"Qui-de-toi ?"
Se transformant par l’introspetion en :
"Mais où m’a porté ma Volonté ?"
Bien que ce genre d’interrogations existencielles se soit déjà manifesté dans la vie de l’homme, lorsque la Conscience s’éveille, leur dimension change : les questions sont puissantes, vivantes, presque tangibles. Eles touchent juste, sont centrées ; elles portent et même transportent.
Pour ne pas sombrer dans l’angoisse du doute ou dans la folie, les anciennes réponses ressurgissent. S’imposent alors des mécanismes de défenses offrant une sécurité temporaire, une soupape. Ces réponses sont celles dont l’intellect a été nourri depuis l’enfance : celles du courant religieux dominant, des cours de philosophies, de la société, de la culture, de l’école, jusqu’à celle d’un maître d’une grande tradition. Mais depuis l’envers du décor, elles perdent de leur consistance. Elle ne sont qu’un mirage qui lui fait face, l’entoure , comparé à la solidité de la remise en question que la conscience éprouve de l’intérieur.
Plus rien n’est certain. L’extérieur, le monde sensible se rêvet d’apparences éphémères. A l’évidence, tout y change, même la vérité. La vie passée semble n’avoir conduit qu’à tourner en rond, pour se trouver dans une impasse. Quelle angoisse … La mystérieuse expérience présente est la seule qui de tout temps mène à détachement et à une attention silencieuse de sa propre condition, seule véritable point de repère.
Pourtant, l’homme ne peut se résoudre à l’incertitude absolue. En se disant :
"Et si rien n’avait de sens"
Il ne peut ignorer qu’il donne un sens à sa pensée puisque si rien n’a réellement de sens, sa pensée l’a perçu, et de ce fait, il y a un lien indissoluble qui les unis. D’autre part, s’il décide de donner un sens à tout cela, c’est encore sa pensée qui va crée et orienter son propre devenir. En croyant cette pensée, il va accepter d’aller dans son sens par ses autres pensées, ses actes, ses paroles et diriger ainsi toute son expérience de vie.
Thoth l’enseignait déjà dans ses Tablettes :
"l’homme ne devient que ce qu’il pense".
N’est-ce pas d’ailleurs de nouvelles et subtiles pensées défiant la fragilité de son ancienne perception du réél, qui l’ont ammené à se remettre en question ?
A la question : qui suis-je ? Une évidence se pose,une certitude qu’il éprouve par sa pensée :
je suis celui qui est2, et celui qui devient par sa pensée.
Mais comment savoir si les pensées que la conscience fait sienne sont capales de le sortir du morne tristesse du chaos dans lequel il se débat aveuglément1 ? Si il veut se libérer, alors il doit croire qu’il y a une sortie passant, comme il l’expérimente, par la porte de la Conscience. Mais comment saura-t-il si les pensées qu’il se choirsia pour guides ne l’égareront pas à nouveau dans un cul-de-sac.
Si il ne veut pas se tromper, il doit penser juste par lui-même, s’approcher de la raison, de la vérité. de la justice, faire preuve de discernement. Tant que sa pensée ne sera pas juste, la création de lui-même et sa propre compréhension du monde, n’auront que des résultats corrompus pervertis, qu’il l’entraîneront.
C’est ainsi que parfois, un homme décide librement et consciemment de s’engager sur le chemin de la Connaissance avec comme seules outils sa Conscience, son libre-abitre et sa Volonté. Il n’est qu’au début, encore au bas de l’échelle. Un nouveau jour s’est levé pour lui, son premier. Il vient de naître, nu ; ou selon l’expression du Sepher de Moyse (III,10), :
"C’est dénudé de toute lumière qu’il s’est révélé à lui-même"
Nu, il l’était déjà avant, mais maintenant, il le sait3.
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1.Grillot de Givry, Le Grand Oeuvre, Meditation I
2. Ego sum qui sum.
3. Sepher de Moyse III,11,Mais aussi le premier chapitre de Pois-Chiche d’Isha Schwaller de Lubiz.
4. Les trompettes que portent les anges et dont le son réveille le domeur sont des instruments à Vent. "L’Esprit souffle où il veut". C’est Lui l’instrument providentiel utilisé pour effectué le réveil de la Conscience.