(une étrange question a été posée par un lecteur anonyme sur l’Académie d’Hermès. Je réponds ici, car cette question et ma réponse, n’ont pas vraiment leur place dans le fil de la discussion)
Pourquoi Jean XXIII est-il devenu pape ?
Les causes sont toujours difficiles à connaître et le seul moyen de remonter à elles c’est de constater les effets qui se sont produits sous leur règne.
Jean XXIII a été élu pour accélérer la chute du Catholicisme Romain en convocant le Concile du Vatican II.
Face aux changements importants étant apparus dans la société occidentale, faisant entrevoir déjà la promesse de changements encore plus radiacaux, l’Eglise s’est mise en tête de se moderniser afin de faire face aux défis de notre temps et de mieux s’adapter à une humanité différente. Grossière et fatale erreur.
Elle a oublié que Verbe ne se fait chair qu’en proportion de la chair à manifester ce Verbe. En voulant donc faire face aux difficultés du temps, l’Eglise s’est vue chutée lourdement du ministère divin et intemporel auquel elle prétendait en principe. Elle a perdu ce qui faisait la force de la religion, l’incarnation d’un principe divin destiné à élevé les hommes. En d’autres termes, elle s’est rabaissée.
Mais pouvait-elle faire différemment elle qui bien que s’appuyant sur le Christ n’avait cessé de nourrir des désirs bassement humains ? Ne devait-elle pas être soumise aux effets transformateurs des nourritures absorbées jusque là ?
Les conséquences du Concile ont marqué surtout et presque uniquement des changements importants dans le culte et l’image de l’Eglise…
Le culte était basé jusque là, plus ou moins, sur le respect de certains principes divins, entièrement symbolique en somme. Le prêtre, représentant de l’Eglise, donnait auparavant sa messe dans la position d’un pasteur précédant son troupeau dans les prairires de l’Esprit. Devant la communauté, dont il avait la responsabilité, il était chargé d’ouvrir la voie vers la Lumière, comme le guide ou le maître que l’on suit. Tous tournés vers un même but, une même étoile.
Changeant soudainement de position pour se retrouver en face des croyants, tournant ainsi le dos à la Lumière, il ne mène plus son troupeau nul part, il n’y a plus de mouvement. Le prêtre a changé de but, et alors qu’il faisait face à la divinité, c’est a présent des humains qu’il tente de s’approcher. Le peuple lui n’a pas changé ses aspirations, toujours tourné vers la Lumière, il attend un nouveau guide capable de le conduire, une nouvelle religion. Du coup, l’Eglise a retourné sa veste, et les prêtres ont pris des habits plus mondains.
Voilà qui symbolise parfaitement, me semble-t-il les conséquences du Concile. Ce dernier s’inscrivant dans la suite logique d’une longue chute..
Suite au Concile, le culte se voit dépossédé de sa langue officielle, le latin, connu principalement des milieux religieux et des sphères privilégiées de la société, pour offrir aux participants de l’office un culte dans leur propre langue. A vrai dire, que ce soit dans leur langue ou en latin, je crains que le bon peuple n’y entende guère plus aux mystères qui se déroulent devant ses yeux. Le latin, incompris du plus grand nombre, permettait cependant à ces derniers de sentir en eux la résonnance du mystère, ce qu’ils ne pouvaient qu’interpréter qu’au plus haut de leur conscience et de leurs aspirations. Traduit dans leur langue,vulgarisé, le culte est devenu plus compréhensible en surface, ne nécessitant malheureusement plus forcément d’interprétation, ni de résonnance avec la conscience de chacun.
L’Eglise parlait la langue des mystères, à présent elle parle la langue des hommes.
En définitive, l’Eglise s’est appauvrie. Ce que l’on peut constater aussi en jetant un oeil aux nouvelles églises et à leur intérieur qu’on dirait comme sortie d’un catalogue du géant suédois du mobilier. Pauvres, dénudées, comme le peuple… Avant, la communauté supportait de voir les bâtiments religieux si bien ornés, si riches par rapport à sa propre pauvreté, parce qu’elle préférait avoir un Dieu doré et lumineux qu’un dieu pauvre incapable de nourrir ses espérances. C’est au riche à donner au pauvre. En se faisant pauvre face au peuple pour être plus proche de lui, l’Eglise est devenue incapable de donner… Parallèlement, ne nourrissant plus sa spiritualité, le peuple ne supporte plus les richesses d’une Eglise devenue trop humaine.
Elle ne s’en relèvera pas…
Note : Un jeune théologien avait eu alors une certaine influence sur les décisions prises lors du Concile. A présent, il est pape !


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