Hortulus Sacer

L’Hortulus Sacer est un recueil de poèmes latins profondément hermétiques d’inspiration chrétienne. Son auteur se fait nommé Douzetemps et l’on doit sa traduction française à la générosité d’André Savoret.

Le titre orginale :’Horulus Sacer, l’Enclos de la Fleur Hermétique ou l’Enclos d’un fleur variant de coloris et de parfums par quoi l’âme accède des choses terrestres aux célestes, des corporelles aux spirituelles.

Il est donc bien question d’hermétisme et car on y retrouve son axiome “Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas”.

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Au Lecteur

Si tu lis mes vers d’un cœur froid, mes vers seront froids à ton cœur.

Mais si c’est d’un cœur aimant, tu brûleras du même feu qui embrase ma muse et me consume d’Amour.

 

 

 

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A l’or les amis, qui veut s’y coller ?

Lampard : “ Je veux bien commencer. L’auteur nous rend d’emblée attentifs : “Si tu lis mes vers d’un coeur froid…”. Ben tiens, la belle affaire, je savais pas que mon muscle cardiaque était capable de lire ! Personne ne m’a rien dit ! Pis d’un coeur froid, aie, aie, mauvais tout ca. Si mon coeur est froid, c’est que je suis mort, même que si mon coeur est encore capable de lire, même mort, ses vers seront froids pour lui, ce qui va donc le refroidir davantage…plus mort que mort, tu meurs…Ou alors tu deviens Hibernatus !

Ce qui me rassure un peu, c’est que d’après Douzetemps ma pompe peut lire avec amour. Bon aimer, pour moi je sais ce que c’est, j’aime ma femme, donc je veux qu’elle soit là à mes côtés. Pour un organe, ca doit pas être bien différent. Mes poumons, ils aiment bien l’air, puisque que quand il en manque, ils souffrent et en réclament. L’estomac, c’est pareil avec la nourriture. Alors mon coeur, c’est certainement du sang qu’il est amoureux, d’ailleurs il en boit tout le temps, . Donc si mon coeur lit avec amour, c’est dire qu’il doit battre vite pour faire tourner et danser sa compagne. Et là, alors, ca va chauffer, parque mon métabolisme va méchamment augmenter, on peut comme quand j’ai la fièvre. Sauf que l’auteur c’est pas une grosse fièvre qu’il promet, c’est carrément l’embrasement comme la femme qui l’inspire qui est en train de brûler, et comme lui qui se consume. Même plus besoin d’incinérateur, c’est carrémement de la combustion spontanée ! Je sais pas ce que vous en pensez, mais si l’auteur dit vrai, j’ai plus trop l’envie de lire ses vers. En tout cas, pas dans ce sens là…”

 

Ian Cygniv : “Ressaisissez-vous mon cher, je crois qu’il existe une autre approche. Admettons que le coeur dont parle l’auteur n’est pas l’organe qui nous sert de pompe, mais que ce coeur signifie les émotions, les sentiments. Ainsi lire avec un coeur froid, c’est lire avec les yeux, mais sans laisser surgir nos sentiments, sans affection, sans enthousiasme, sans “y mettre du coeur”. On dit d’ailleurs parfois :”ça me glace le coeur”, mais c’est imagé, tu comprends mon vieille ami ? En résumé, l’auteur affirme que si tu lis ses vers sans intérêt, sans passion, ses vers ne t’intéresserons pas davantage, ils ne te diront rien et ne provoqueront en toi aucun sentiment, aucune émotion, aucune réaction autre que l’envie de ne plus les lire.

En ce qui concerne la muse, le feu et le fait de brûler. Je crois que c’est aussi imagé. La muse est ce qui inspire le poète, pas forcément une femme. Quant au feu, et au fait de brûler, on pourrait y voir, de l’amour, de l’ardeur, de l’exaltation. Ne dit-on pas : “je brûle d’envie de…” bien que nous ne prenions pas feu pour autant. Aussi, je pense que nous devrions entendre que si nous lisons avec ardeur, passion, intérêt et enthousiasme ses vers, alors, nous ressentirons toute l’exaltation de son inspiration. Nous serons enchantés, et comme lui, convaincus de l’ardent Amour qu’il a ressentit. Ses vers auront sur nous une réaction vive en déployant tout leur cortège d’émotions et de sentiments qui accompagnent toujours selon moi les vers des grands poètes. Et il se peut alors fort bien, comme tu l’as esquissé, que notre coeur se mettre à battre la chamade, comme lors d’une rencontre avec l’être aimé.

Pour terminer, si Douzetemps dit vrai, je ne sais par quel tour de force il a réussit à ce que ses vers produisent un effet de miroir avec l’état d’âme du lecteur.

Lampard : “Oh c’est très intéressant tout cela. Merci. Peut-être que notre ami à encore un autre avis sur cette introduction.”

Ian Cygniv : “Oui, excellente idée. Qu’as-tu à nous dire, toi, l’ancien, dont tout un chacun ici s’accorde à reconnaître en toi les traits de la sagesse ?

Saint Bolique : “Je vous remercie de me donner la parole tout en tenant à préciser que si l’on voit parfois poindre en moi quelque peu de sagesse, je n’y suis pour rien, car tout nous est donné par Celle qui pourvoit. Je constate que chacun de vous à parler en son nom, et je vous y reconnais bien mes chers frères. Si la vérité est universelle, alors il est juste qu’elle se retrouve en partie en chacun de nous.

Pour ma part, je crois qu’il est nécessaire pour bien aborder ce texte, de garder en souvenir son titre complet. En effet, il m’est d’avis qu’il s’y cache une précieuse clef permettant véritablement de pénétré la pensée de l’auteur. En y prêtant bien attention, nous pouvons constater que les vers contenus permettent l’accès à l’âme au domaine spirituel par le corps. En reprenant l’axiome d’Hermès selon lequel “Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et vice versa”, j’en déduis que l’auteur a voulu nous indiquer que pour élever notre âme, il s’agit de lui faire prendre appui sur le support corporel. Autrement dit, qu’il a caché sous l’apparence de phrases simples que l’on peut comprendre dans leur sens matériel ou dans leur sens imagé, des réalités spirituelles. Le seul moyen que je vois pour parvenir à ce que je nommerai l’Entendement de ses réalités grace par le texte est d’utiliser l’analogie et les symobles comme outils de lecture. C’est selon moi, le sens le plus élevé de la lecture, et comme c’est peut-être lui que l’auteur espère que nous ayons, il a voulu mettre une majuscule au mot Lecteur.

Prenons pour commencer le coeur. Il peut symboliser à la fois la vie, le centre, ou encore le siège de la Conscience. Ainsi, lire avec le coeur revient à lire nous placant nous-même en notre centre intérieur, là où pourra se développer notre Conscience . On peut fort bien se demander oû ce situe ce centre. Cependant, et je te vois venir mon cher Lampard, il ne s’agit pas du centre du corps, ce qui voudrait dire que l’on puisse lire avec notre nombril. Encore que symboliquement ce n’est pas si dénué de sens pusique le nombril est la porte par laquelle nous sommes rattachés à la matrice de notre mère…

En réalité, si la Conscience est à même de se développer et de croître, s’est forcément en assimilant ce qui n’était alors qu’une puisssance d’être pour elle. C’est pour cela que quelque soit sa condition, elle ne peut se situer que dans l’”antre”, c’est-à-dire entre ce que sa croissance lui a permis de dépasser par sa connaissance éprouvée, et ce qu’elle entrevoit en arborescences virtuelles. Aussi ce n’est que lorsque ce centre se situe hors-de-portée de toute les contingences connues , soit, ce que l’être humain contient d’animalité, voire même de tout ce qu’il contient déjà d’humain, comme l’intellect raisonneur, l’imagination rêveuse, les émotions, qu’elle peut alors se mouvoir librement, choisir sa nourriture, s’en substanter et croître.

Continuons avec cette notion de froid. Le froid n’est pas l’absence de chaleur ou de feu, c’est la présence d’un feu dont l’intensité est moindre que celle de la valeur référente. Chaud et froid ne sont que des qualificatif de la température, ou de la présence de feu dans un élément. L’eau par exemple reste toujours de l’eau, que ce soit à 0 degré centigrade ou à 100 degrés, mais la présence plus ou moins grande de feu en elle modifie son état. Le froid contracte, le chaud dilate…

Dans le texte, la valeur référente est le coeur, c’est à dire le degré d’évolution de la conscience dans “l’entre”. Lire avec un coeur froid revient donc à effectuer une lecture qui n’est pas à la hauteur de l’élévation de la conscience. Cette dernière se contractant dans le cadre de limites involuantes n’est plus autant libre qu’elle pourrait l’être et se retrouve enchaîné à des conceptions limitatrices comme peuvent l’être celles qu’offrent les sens organiques, les émotions, les instincts de l’animalité non maîtrisés, l’intellect raisonneur, les préjugés….

Les vers de l’auteurs sont donc comme l’eau pour le feu dans l’exemple précédent, dans le sens qu’ils ne sont qu’un élément sur laquelle la conscience va projetée son attention et son feu. Cela pourrait expliquer cet effet miroir.

Aussi une lecture froide, va renforcer davantage l’emprise des forces contractantes sur la conscience , et faire invariablement involuer cette dernière.

Au contraire, une lecture brûlante, ou aimante, nécessite d’élever la conscience, jusqu’au confondement avec les pensées inspiratrices , celle offerte par les muses jusqu’auxquelles s’est élevé l’auteur, celle du feu brûlant de l’Amour, qui n’est pas celui que nourrit l’être humain, mais celui qu’offre le Créateur à l’ensemble de sa progéniture pour lui permettre de croître en harmonie. Un coeur aimant, est aussi un coeur qui attire, et si percevoir ce feu est une étape, brûler et être consummer revient à intégrer et assimiler se feu en soi. Le coeur chaud se dilate et tend à recevoir, à englober ce qui alors n’était qu’à l’extérieure d’elle-même.

Sans en vouloir en dire trop, je pense qu’ên réalité, de la lecture que notre conscience fait du monde, et la manière dont nous utilisons notre volition pour harmoniser nos pensées, nos paroles et nos actes avec cette lecture, dépends l’ouverture ou la fermeture de notre conscience. Il ne s’agit donc pas uniquement de la lecture de vers , mais de celle de l’uni-vers, qui par le miracle d’un chose unique fait que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas….”

Merci à tous de votre généreuse participation. Mais il reste encore du boulot ! On a même pas encore dépasser l’introduction !

 

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