
« Sois le bienvenu dans cette humble demeure »
Le murmure emplit le vaste édifice dépeuplé et s’y répète en écho. Le son diffuse son onde uniformément dans tout l’espace, puis s’évapore …
-Qui a parlé ?
-Le visiteur n’en croit pas ses oreilles, mais c’est de sa langue dont il devrait se soucier.
Osant prudemment quelques pas en direction du centre, le vertige le surprend…il s’arrête, invité au silence et à l’immobilité par les hautes colonnes de pierre structurant ce temple à ciel ouvert…
« Tu es ici chez toi » continue la voix
La présence est apaisante. Les pierres parlent lorsqu’on leur laisse prendre les devants. La visite va pouvoir commencer.
Au coeur des nuits les plus sombres, les navigateurs tracent leur route dans les étoiles

Voleurs et commerçants ont le même dieu.
Hermès (Mercure) était dans la civilisation grecque reconnu pour être à la fois le dieu du commerce et celui des voleurs. Cette civilisation auquelle on prête à tort le titre de berceau de la culture européenne ne fût dans son ensemble qu’une dégénérescence de la culture égyptienne auquelle elle emprunta beaucoup alors que celle-ci était elle-même dans son déclin.
C’est ainsi que le dieu Thot des égyptiens , divinité l’Ecriture et du Langage, incarnation de la Connaissance et de la Parole, qui permit à Horus de retrouver sa vue (spirituelle) fut assimilé par les grecs à Hermès. Celui-ci avait d’ailleurs la terrible réputation d’être bon avec les bon et mauvais avec les mauvais.
Ce n’est pas un hasard si Hermès est à la fois le dieu des voleurs et du commerce, en effet chaque divinité est révélateur d’un principe unique qui se polarise dans sa manifestation.
Ce principe est celui qui permet d’accéder à la connaissance divine , une sorte d’intermédiaire entre la conscience et les Lumières de la Divine Providence, ce qui fait d’Hermès un véritable messager des dieux.
Il permet donc une sorte de commerce spirituel dans le sens ou il ne nous est donné qu’en proportion de ce que l’on donne, autrement dit que nous ne pouvons prétendre recevoir que selon nos mérites. C’est le principe même de l’équivalence des poids que l’on retrouve dans la balance utilisée aussi bien dans le commerce que pour symboliser la Justice ( ce que nous retrouvons chez les égyptiens puisque Thot assiste à la pesée du coeur aux côtés de Maât (la Justice).
Ainsi dans le domaine des correspondances, nous n’avons commerce par Toutatis…euh non par Lug (équivalent celte d’Hermès), qu’avec les divinités avec lesquels nous auront su activer notre relation, par une sorte de sympathie aimantant ce qui est en haut pour en recevoir les nourritures spirituelles.
Et comme dans la parabole des cinq talents du nouveau testament, Hermès ne donne qu’à ceux qui se font responsable de ce qu’ils ont reçu. Et à ceux qui n’auront pas fait preuve de responsabilité en réclamant plus que ceux à quoi il ont légitimement droit, il leur sera pris ("volé") même ce qu’ils ont.
Nous retrouvons ce même principe dans Les Noces Chymiques de C. Rosencreutz lors de l’épreuve des poids sur la balance d’or :
"Que celui qui est trop léger s’abstienne…/…Aussi, ceux qui monteront sur la balance sans peser autant que les poids, seront soulevés avec fracas et seront la risée de tous"
Mais est-ce que cela n’est pas trop juste ? Selon la loi de Maât (juste de pensée, de parole et d’action, mais pas trop) trop de Justice n’est pas juste, car la Justice se doit d’être équilibrée comme le remarque Raymond Lulle dans sa Chrysopee par la Miséricorde. C’est ainsi qu’il est fait justice au juste et Miséricorde au pécheur . Car celui a qui l’on a pris reste toujours dans la possibilité d’acquérir à nouveau ce qu’il a perdu……
Hermès roi, sage et mage est celui qui s’engendre par le Verbe Vivant :
"her-mes"

